Description

 

Pleine nature

(en cours de réalisation)

 
 

Les paysages naturels et « sauvages » fascinent les populations urbaines d’aujourd’hui. Ils sont emprunts d’exotisme pour les citadins que nous sommes. Les magazines de voyage en « terres sauvages » alimentent les fantasmes autour des grands espaces. Les réseaux sociaux témoignent chaque jour de l’attrait pour ceux-ci tant ils affichent de vues des plus beaux sites Islandais, Norvégiens, Néo-zélandais, États-uniens…

Ces images omettent la plupart du temps – syndrome de la carte postale dissimulant le touriste – la présence d’autres humains que leurs auteurs. Comme si l’on cherchait collectivement à entretenir l’illusion que l’on peut avoir l’exclusivité de ces terres non-habitées. Cette tendance collective témoigne de la fascination contemporaine à voir le paysage vidé de ses humains et laisse dans un angle mort photographique le phénomène en cours : l’affluence des corps venus visiter les restes de la nature primaire.

En France, on observe aussi un intérêt pour ces milieux sauvages. Comparé aux terres des grands espaces en vogue, le territoire français métropolitain ne contient que peu de réserves. Il est majoritairement aménagé, domestiqué par les plantations, villes et voies de communication. Il est organisé selon les désirs d’une société depuis longtemps orienté par la quête du confort et l’accumulation des richesses, et plus récemment, par la recherche du divertissement. Les « parcs » les plus célèbres reçoivent ainsi des flux important de visiteurs. L’essor de l’idée d’un écotourisme – idéal écolo et humaniste d’un tourisme sans trace – motive les populations urbaines à venir se « ressourcer » en milieu naturel dans une démarche respectant l’environnement et les populations. La pratique est malheureusement victime de son succès, puisque les plus beaux endroits attirent les plus grands nombres. Ces foules exigent des infrastructures adaptées, imposent une certaine empreinte sur les milieux, impriment un peu d’urbanité là où on vient la fuir. Le passage de ces flux humains marque donc les environnements à plus ou moins long terme, selon l’ampleur des aménagements et l’intelligence des visiteurs. Au rythme des saisons, les plus beaux sites naturels accueillent les migrations des citadins en mal de grand air.